Irène Menez

Avec un bagage initial principalement théorique de l’art, c’est finalement un événement personnel qui va me pousser à m’autoriser à développer ma pratique artistique. Je suis devenue mère, et j’ai vécu cela comme un véritable bouleversement qui m’a forcée à remettre en question mes habitudes, mes certitudes, mes croyances, mon rapport à moi et aux autres. Un besoin nouveau de me retrouver m’a amené à créer de nouveau, et c’est un premier contact avec la céramique qui m’a emportée et m’a amenée à rêver.
Je vis le contact avec la terre comme un véritable temps thérapeutique, que je fais pour moi. La terre ne se retient pas pour imposer ses propres règles et la céramique me challenge. Elle me force à réaliser que le lâcher prise et l’échec sont nécessaires pour progresser. Je me crée autant que je crée. Mes œuvres se trouvent à la limite entre l’art et l’artisanat, mettant en priorité le processus de création.
En modelant et en gravant, j’accompagne mon processus de réflexion sur le rapport à soi et à la femme que je construis au quotidien. Je partage mon expérience thérapeutique et artistique afin de rappeler aux personnes qui nous entourent la force, la puissance et la beauté des femmes.
Bien que le dessin soit très présent dans mon travail, j’accorde une grande importance au support. Le travail de la terre est pour moi un moyen de pérenniser le message que je souhaite transmettre. Je m’attache à partager à mon tour mon histoire, ma vision de la femme actuelle. La gravure m’apporte des possibilités similaires mais aussi plus larges. Je garde le lien essentiel d’un processus de création artisanal avec la gravure et l’impression, tout en pouvant imaginer la vulgarisation, le partage et la communication de mon travail à plus grande échelle. Bien que j’aime le côté unique de la création céramique, l’idée de diffusion créée par l’édition d’oeuvres en linogravure à un plus grand nombre me parle tout autant.